Aujourd'hui,
URGENT
Espagne: retrait du mandat d'arrêt international contre Carles Puigdemont
Burkina: Ouagadougou va abriter du 23 au 27 juillet prochain la 24e édition  de la tranche commune entente
Burkina: Augustin Loada revient sur le devant de la scène avec le MTT, un  mouvement d'éveil citoyen 
Coopération: le 7ème Traité d’amitié et de coopération (TAC) Burkina Faso – Côte d’Ivoire se tiendra à Yamoussoukro du 23 au 27 juillet 2018
Android: l'Union européenne condamne Google à une amende record de 4,34 milliards d'euros (RFI)
Soum: le chef de Hocoulourou et un paysan tués par « des individus armés non identifiés» (ministère de la sécurité)
Burkina: l’armée démantèle plusieurs bases terroristes sur la bande transfrontalière nord et interpelle 60 suspects
Burkina: la douane et la DGTTM, sont respectivement 2e et 3e parmi les services les plus corrompus (Ren-Lac)
Burkina: la police municipale, service public le  plus corrompu en 2017 (Rapport Ren-lac)
Mali: 1 mort et 6 blessés dans l'accident d'un véhicule du Bataillon Gondaal 3 

CULTURE

Après «Faut-il désespérer de l’Afrique?» et «Médias et gouvernance: le sel ou le poison», le journaliste Boureima Jérémie Sigué, fondateur du groupe de presse «Le pays», revient sur la scène livresque avec son troisième ouvrage. Intitulé «La faillite morale du chef d’Etat africain», cet essai politique pointe du doigt la responsabilité intrinsèque du chef d’Etat africain dans la situation morose actuelle que traverse le continent africain.

C’est un condensé de 272 pages de réflexion qui pointe, sans complaisance, un doigt accusateur sur le comportement du dirigeant africain. Sans ambages, l’auteur estime que le retard du développement africain est imputable, entre autres, aux manquements démocratiques, à la mal gouvernance et à l’absence d’une vision politique opérante. «Ici, ce qui est digne de pilori, c’est le comportement du dirigeant africain lui-même dont on sait qu’il a une conception à la fois totémique, paranoïaque et patrimoniale du pouvoir politique. Toute chose qui lui confère le visage d’un dieu indispensable à la nation; ce qui hélas, le rend sourd et aveugle face à la temporalité, insensible aux hurlements stridents de son peuple. Sa faillite morale consubstantielle à celle de l’Etat est dès lors tragiquement attestée. A quelques exceptions près, c’est un échec dont la transversalité douloureuse des conséquences politiques, économiques et sociales est tout autant établie», peut-on lire dans le prologue de cette œuvre constituée de 11 chapitres logés dans quatre parties distinctes.

Selon l’auteur, le gouvernant africain foule aux pieds les règles d’éthique politique et des règles de vie en société inspiré de nos traditions. Redoutant la puissance de l’armée, il n’hésite pas non plus à l’utiliser comme pilier de son régime dans l’unique but de terroriser les populations. Boureima Jérémie Sigué indique aussi que… les chefs d’Etat africains ont peur de trois groupes sociaux: les militants des droits de l’Homme qu’ils considèrent comme de «véritables pestiférés», les scolaires, ces «insolents comme des moustiques sur les couilles du roi» et les journalistes privés indépendants, «qui troublent en permanence les fêtes et les banquets des satrapes».

Pour le journaliste, la gouvernance à l’endroit de la jeunesse constitue l’un des domaines où se fait ressentir la faillite morale de l’Etat. Et l’auteur d’évoquer, pour preuve, le drame humain de la mer méditerranée à la page 77: «Si la Méditerranée est devenue un cimetière à ciel ouvert où vont s’engloutir par vagues successives de jeunes africains, c’est sans doute parce que les politiques publiques à l’endroit des jeunesses africaines désœuvrées et découragées, sont un échec sans appel.» En tout cas, et Jérémie Sigué en est convaincu, «tous ces morts dans la Méditerranée et l’exode massif des jeunes ruraux dans les villes n’émeuvent aucunement les princes du moment»…  

Dans cet ouvrage très actuel qui mérite absolument le détour, l’auteur, diplômé des universités de Dakar et de Paris II Panthéon, va même jusqu’à dresser, de la page 97 à la page 158, une liste non exhaustive de 15 présidents africains qu’il qualifie de prédateurs de la démocratie en Afrique noire depuis ces dix dernières années. On y retrouve pêle-mêle… Blaise Compaoré du Burkina, Faure Gnassingbé du Togo, mais aussi Pierre Nkurunziza du Burundi et Joseph Kabila de la République démocratique du Congo.

Cependant, estime l’essayiste, il existe encore des chances de développement de l’Afrique si nos intellectuels et gouvernants appuient l’accélérateur sur la culture, l’éducation, la santé tout en rompant les liens avec le franc CFA. Pour ce faire, il appelle à l’émergence «de nouvelles visions, de nouvelles approches et des ruptures vives et sans appels initiées par une nouvelle race de dirigeants». 

Boureima Jérémie Sigué croit que l’espoir est donc permis pour le renouveau de l’Afrique. Pour qu’advienne la félicité, il est impératif de rompre avec les anciennes pratiques comme la corruption, la gabegie, le népotisme et surtout la paresse. «En un mot comme en mille, il faut passer à la phase des ruptures et ce, sur toute la ligne», plaide l’auteur. Ce qui est sûr, cet essai savamment écrit avec une hauteur d’esprit intéressera certainement les férus du panafricanisme.

 

© Fasozine N°72, Novembre-Décembre 2017

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Des mots pour le dire...

Sondage

Dans une interview accordée à des chaines de télévision le 24 juin 2018, le président Roch Marc Christian Kaboré promet de mettre fin à l’incivisme et à la défiance de l’Etat, en appliquant la loi dans toute sa fermeté. En a-t-il les moyens?

Rejoins-nous sur Facebook

NEWSLETTER

Abonnez vous à notre bulletin d'informations pour être quotidiennement informé