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ECONOMIE

Dans son dernier rapport, la Banque Mondiale, à travers son programme Africa’s Pulse, prévoyait un redressement de la croissance de l’Afrique subsaharienne. Si ces projections se sont avérées justes, force est de constater que « les économies d’Afrique subsaharienne continuent de se redresser (…) mais à un rythme plus lent que prévu ». Cette conclusion est issue de la 18e édition du rapport semestriel de l’institution financière mondiale, rendu public ce mercredi 3 octobre 2018. 

C’est depuis le siège de la Banque mondiale à Washington, par visioconférence que Alfred Zeufack, économiste en chef de la Banque Mondiale pour la région Afrique, a tenu à partager les résultats de cette analyse.  Dans son analyse de la conjoncture économique africaine, Africa’s Pulse, qui est un dispositif de la Banque Mondiale, soutient à travers son dernier rapport paru ce 3 octobre 2018 que, pour cette année en cours, la région devrait afficher un taux de croissance moyen de l’ordre de 2,7%. Ce résultat constitue une « légère augmentation », comparativement au taux enregistré un an plutôt, qui était de 2,3%.

Cette situation, permet ainsi de conclure que le continent connait une avancée. Comme quoi, « l’Afrique continue sa reprise, mais elle fera face à de nombreuses embûches », a indiqué Alfred Zeufack, au cours de son exposé. Selon ces experts, cette croissance de la zone Afrique subsaharienne, que l’on pourrait saluer, sera plus lente que prévu. Tout de même « pour accélérer et soutenir une dynamique de croissance inclusive, les responsables politiques doivent continuer de donner la priorité aux investissements qui privilégient le capital humain, limitent les risques de mauvaise allocation des ressources de l’Etat et stimulent la productivité ». A fait savoir M. Zeufack, qui dans le même élan, précise qu’ « ils (les responsables politiques) doivent par ailleurs se donner les moyens de gérer les nouveaux risques découlant de la modification de la composition des flux de capitaux et de la dette ».

Par ailleurs, cet état de ralentissement constaté se justifierait à en croire le rapport d’octobre 2018 d’Africa’s Pulse, par « une conjoncture internationale moins favorable pour la région ». A titre illustratif Alfred Zeufack, a pris en compte les échanges mondiaux et l’activité industrielle, qui selon lui « s’essoufflent » d’une part. Et d’autre part, qui sont marqués par la chute des cours des métaux et des produits agricoles en raison des inquiétudes liées aux tarifs douaniers et à une demande plus incertaine. Aussi, ce manque de 0,4 point en rapport aux prévisions du mois d’avril dernier, s’explique par « la modeste performance des trois plus grandes économies de la région », confie l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique. Ce dernier en veut pour preuve la baisse de la production pétrolière en Angola et au Nigéria. Mais également, la contraction de l’activité agricole en Afrique du Sud. 

Néanmoins, à côté de ces flops, il ressort que « l’activité économique est restée solide dans les pays à forte croissance peu dotés en ressources naturelles tels que la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Rwanda ». Pour ce qui est du cas du Burkina Faso, la Banque Mondiale évalue le taux de croissance à hauteur de 6%.

Abordant la question de la dette publique, Alfred Zeufack a mentionné qu’elle est restée à un niveau élevé et continue d’augmenter dans certains pays. Soutenant que l’endettement n’est pas un problème en soi, l’orateur de ce rendez-vous assure que « la viabilité de cette dette publique risque d’être compromise par l’affaiblissement des monnaies et la hausse des taux d’intérêt associés à la modification de la composition de la dette ».

Alors que le prochain rapport est attendu dans six mois, celui qui vient de paraître met en garde contre les risques de dérapages budgétaires, des conflits de chocs climatiques. C’est pourquoi, il a été préconisé « de mettre en œuvre des politiques et des réformes susceptibles de renforcer la résilience des pays et de doper la croissance à moyen terme ». Toujours est-il que ce 18e rapport d’Africa’s Pulse, tout en se penchant sur la question relative à la baisse de la productivité du travail en Afrique subsaharienne, donne les moyens pouvant permettre d’y remédier. C’est en partie ce que fait remarquer Cesar Calderon, économiste principal et auteur principal du rapport : « les réformes devraient notamment englober des politiques qui encouragent les investissements dans les secteurs autres que celui des ressources, créent des emplois et améliorent le rendement des entreprises et des travailleurs ».      

 

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