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Burkina: Trois morts et des blessés dans l’attentat à la mine dans la Komandjari, Est du pays (AIB)
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ECONOMIE

La Coalition nationale de lutte contre la Vie chère (CCVC) a fait le point de ses deux rencontres avec le gouvernement, ce vendredi 28 décembre 2018 à Ouagadougou. Pour le porte parole de la coalition, Chrysogone Zougmoré, au sortir de ces discussions, « le gouvernement n’a pas accédé au principal point de revendication à savoir le retour aux prix des hydrocarbures d’avant la décision gouvernementale  d’augmentation du 8 novembre ».

La CCVC a organisé le 29 novembre 2018, une journée nationale de protestation contre la hausse de 75 FCFA du prix à la pompe du litre du Super et du Gasoil. Après cette journée, le gouvernement a entrepris une série de concertation avec les membres de la Coalition. La CCVC est sortie insatisfaite de ces échanges avec l’exécutif : « Notre insatisfaction est d’autant plus grande que le gouvernement a une fois de plus été à court d’arguments convaincants, pour justifier cette hausse et pis, n’a pas pris la pleine mesure de la mention des points 2 à 6 de notre plateforme, comme étant des leviers d’intervention pour accéder  à notre point de revendication principal».

La plateforme de la CCVC  transmis au gouvernement comporte 7 points. Il s’agit du retour aux prix initiaux des hydrocarbures d’avant augmentation, de la relecture de la structure des prix des hydrocarbures, de l’audit indépendant de la Sonabhy et de la Sonabel, l’identification et la saisie des biens et fonds détournés par les proches de Blaise Compaoré, du recouvrement exhaustif et effectif des créances de l’Etat, de l’audit du secteur minier et de l’arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales.

« Près de 5 000 milliards à retrouver »

La Coalition estime donc que le gouvernement peut bel et bien revenir sur les prix d’avant s’il mettait en œuvre les recommandations contenues dans les points 2 à 6. Pour elle, la mise en application de ces points permettra à l’Etat de disposer de plus de ressources pour renflouer ses caisses pour in fine, financer le développement et réduire sensiblement le prix à  la pompe des hydrocarbures.

Selon les explications de Claude Wetta du Ren-lac, 983 cas de crimes économiques ont été répertoriés par les structures compétentes nationales. Et la manne financière à recouvrer, selon les estimations, est de plus de 582 milliards de F CFA.  A l’en croire, ce chiffre ne représente que la face cachée de l’Iceberg car pour avoir le montant réel des sommes à recouvrer, il faut multiplier cette somme par 10, ce qui avoisinerait plus de 5 000 milliards de F CFA.

Une injonction du FMI

La CCVC estime également que toutes ces mesures « de pressurisation » du peuple burkinabè ne serait qu’une injonction des institutions de Bretton Woods surtout du Fonds monétaire international (FMI). Pour elle, cela est justifié car au cours des deux rounds de négociations, le gouvernement a laissé entendre qu’il ne pouvait pas faire marche arrière à cause « d’engagements pris vis-à-vis  de la Banque mondiale et du FMI qu’il fallait tenir ».

Chrysogone Zougmoré invite par conséquent, le gouvernement a arrêté l’exécution des injonctions  du FMI et de la Banque mondiale et a écouté surtout la détresse des populations. « Les gilets jaunes en France ont fait que le président français a abandonné les taxes sur les hydrocarbures. Le peuple français a pris ses responsabilités et il appartient aussi à notre peuple de prendre ses responsabilités » a dit M. Zougmoré.

Dans l’attente d’un éventuel mot d’ordre et d’autres formes d’actions de protestation, le 1er vice-président de la CCVA a appelé les populations à rester en état de veille et à se mobiliser pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

 

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