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ECONOMIE

Dans le cadre de son plan de travail annuel 2018, le Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-lac) a mené des activités de suivi citoyen de trois projets routiers de l’Etat. Il s’agit des travaux d’aménagement et de bitumage de la route nationale RN4 qui jouxte l’hôpital Yalgado, de la route Manga-Zabré et celle de Kantchari-Diapaga-Tansarga frontière du Bénin en construction. 

Le Réseau a, au cours d’un atelier de restitution et d’échanges organisé le jeudi 17 janvier 2019, présenté les résultats à mi-parcours de ces travaux du suivi des projets routiers de l’Etat. Le suivi citoyen apparaît comme un regard externe critique, du processus de mise en œuvre des infrastructures routières depuis leur conception, le processus de passation des marchés, l’exécution, les mécanismes de contrôles entre autres.

«Pour l’année 2018, nous avons constaté qu’il  y a énormément de difficultés en ce qui concerne les grands projets. Ces difficultés se trouvent au niveau des délais de réalisation, de grands retards, le niveau d’information entre les acteurs. Il faut que les collectivités territoriales qui sont impliquées puissent avoir des informations à temps. Donc, toutes ces questions seront discutées et nous verrons quelles solutions trouvées pour approfondir», a expliqué le secrétaire exécutif du Ren-lac, Claude Wetta. 

Pour réaliser le contrôle citoyen de ces trois projets, à entendre M. Wetta, une innovation a été introduite dans le processus du suivi-évaluation. Il s’agit de la mise en place d’une équipe conjointe labélisée, d’un comité de suivi comprenant le Ren-lac, le ministère des Infrastructures, et renforcée par les agents des services déconcentrés des infrastructures routières.

Selon le trésorier général du Réseau, Mafing Kondé, les centres d’intérêts du suivi-citoyen, sont, entre autres, le respect des procédures de passation des marchés, le respect des délais d’exécution des marchés, le respect des dimensions des routes en lien avec le dossier technique et le respect des engagements de l’Etat vis-à-vis des personnes affectées par les projets.

«Contribuer, à travers le suivi citoyen, à améliorer la qualité des infrastructures routières réalisées par l’Etat» est l’objectif principal poursuivi par cette enquête réalisée du 28 mai au 8 juin 2018 et en octobre 2018. Les objectifs poursuivis étaient de renforcer l’implication des populations dans le suivi de l’exécution des infrastructures, d’identifier les causes des mauvaises pratiques dans les différentes étapes de l’exécution des projets routiers et vérifier la qualité des infrastructures livrées. Selon M. Kondé, les trois projets routiers ont été choisis avec pour but de voir à la fois ce qui se passe au niveau spatial dans les provinces et dans une grande ville. «Un projet routier urbain et deux projets routiers en zone rurale» a dit M. Kondé. 

Pour la réalisation de cette enquête, le Ren-lac a réalisé des entretiens sur le terrain auprès des structures déconcentrées du ministère des Infrastructures, de l’Etat, des OSC, et a exploité des documents fondés sur les projets des documents fournis par le ministère des Infrastructures. De cette enquête, il ressort que les marchés des projets Manga-Zabré et Kantchari-Diapaga-Tansarga-frontière du Bénin ont été passés selon une procédure ordinaire d’appel d’offre international ouvert. Celui de Ouagadougou a été passé suivant une procédure exceptionnelle à savoir la consultante restreinte et, deux marchés ont fait l’objet de recours au niveau de l’Arcop, sans succès.

Le conseiller technique du ministère des Infrastructures, Michel Kafando, a apprécié positivement le contenu du rapport parce que pour lui, ce contenu aura une valeur ajoutée. «Pour certaines incriminations, je note qu’il y a un peu de sévérité mais tout dépend aussi de l’explication qu’on peut donner. A la faveur de cet atelier, je pense que le Ren-lac tout comme les autres acteurs comprendront certaines choses» a indiqué M. Kafando.

Par rapport aux délais contractuels, le Ren-lac conclut en soulignant que les retards sont énormes sur les trois projets et que, ces retards sont dus aussi bien à l’administration qu’aux entreprises responsables de l’exécution des projets. Le Ren-lac dit avoir choisi le ministère de Eric Bougouma en raison des flux financiers colossaux et aussi de la qualité défectueuse des produits qui sont délivrés par les entreprises.  Le Ren-lac et le ministère disent reconnaître que la confiance ne s’est pas installée à priori et spontanément, les efforts ont été consentis de part et d’autres pour aboutir  à la production d’un rapport consensuel.

 

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