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POLITIQUE

Des militants à la base de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) ont réagi ce mardi 10 octobre 2017 face à ce qu’ils qualifient de «trahison de 13 députés du parti». Très remontés, les animateurs de la conférence de presse du jour disent entreprendre des stratégies pour récupérer leurs mandats.

La case du parti du «Lion» menace de brûler, depuis la démission de 13 députés du groupe parlementaire UPC le 6 octobre dernier. Après le président du parti, Zéphirin Diabré, ce sont les militants à la base qui ont animé une conférence de presse ce mardi pour crier à la «trahison».

Pour Jean Léonard Bouda, porte-parole desdits militants, les 13 députés démissionnaires «ont vendu le suffrage du peuple électeur pour leurs intérêts égoïstes et alimentaires». Et cela, les militants à la base n’entendent pas le tolérer. «Ces camarades en réalité, ne sont plus en phase avec les populations qui les ont mandaté, avec le parti dont ils portent les couleurs. Mais pour ne pas perdre leurs avantages, émoluments, voitures de fonction, missions grassement payées, privilèges divers, ils veulent nous divertir en disant qu’ils sont du parti», s’insurge Léonard Bouda. 

Il poursuit pour dire que l’Assemblée nationale ne saurait être un cirque, encore moins un jardin d’enfants boulimiques. «L’hémicycle est la représentation nationale, là où les bonnes pratiques doivent être vues. Le député tient son mandat du peuple par rapport à une position défendue par sa famille politique. Dès lors qu’il a trahi cet esprit, il aura alors renié son mandat et devra en supporter les conséquences», martèle M. Bouda.

Tout en indiquant que  c’est une injustice faite à la démocratie et à l’ensemble des citoyens, Jean Léonard Bouda et les siens estiment que «si ces députés ont été capables de vendre le suffrage du peuple, ils sont capables un jour de vendre le Burkina Faso aux terroristes». Ils disent donc au Mouvement du peuple pour le progrès (parti au pouvoir), que «la marchandise qu’il a acheté moins chère est avariée. C’est de la pourriture. Et nous ne voulons pas de pourriture à l’Assemblée nationale».

Par conséquent, les conférenciers disent «Non» à la négociation. Ils entendent donc mener des stratégies pour récupérer leurs mandats.

Ils comptent faire une marche pacifique à l’Assemblée nationale le jeudi 12 octobre prochain, pour livrer un message au président de l’hémicycle. Le même jour, devant les hauts commissariats des provinces concernées, il y aura des remises de lettre des militants desdites localités. Notamment la Tapoa, la Comoé, le Poni, le Kénédougou, la Gnagna, le Tuy, la Léraba, la Komondjari, le Kossi, le Boulgou et le Kompienga. D’autres manifestations sont également prévues dans les secteurs et arrondissements de Ouagadougou, ainsi que dans les autres villes concernées.

Par ailleurs,  Les militants UPC entendent intensifier «les visites inopinées» aux députés concernés. Sur le risque d’affrontements que pourrait générer cette action, M. Bouda estime que ce sont des «visites inopinées mais pacifiques». Pour lui, rien ne pourra arrêter la détermination des militants pour la récupération de leurs mandats.
«Ce sont les militants qui ont cotisé pour leur campagne électorale et ces militants ont le droit de réclamer ces mandats s’ils estiment que ces députés ne les méritent pas», a-t-il conclu.

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