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POLITIQUE

Le gouvernement du Burkina a tenu sa traditionnelle conférence de presse ce mardi 5 juin 2018. Au menu des échanges, la mise à plat des rémunérations salariales et les crises à répétition dans les différents secteurs, notamment au ministère de l’Economie, des Finances et du Développement.


L’actualité nationale est alimentée par de nombreuses crises dans différents secteurs d’activités. Même si le gouvernement n’entend pas remettre en cause les acquis des travailleurs, Hadizatou Rosine Coulibaly/ Sory, ministre de l'Economie, des Finances et du Développement se veut claire : «Nous avons le choix de donner du champagne à quelques-uns ou de l'eau potable pour tout le monde.» Et pourtant, le Pr Séni Mahamadou Ouédraogo, ministre en charge de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, estime qu'«un agent public ne peut se prévaloir des droits acquis des luttes.»

C’est donc pour répondre aux différentes revendications salariales, qu’il se tiendra la conférence sur les conditions de rémunération des agents de la fonction publique du 12 au 14 juin prochain. Une conférence qui devrait permettre selon Remy Fulgance Dandjinou, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, de résoudre les questions qui se posent à l’ensemble de la fonction publique. «Elle doit prendre également en compte, tous les autres aspects y compris tous les acteurs», fait remarquer le ministre de la Communication.

Mais avant, Remy Dandjinou indique qu’il y a des dispositions qui sont en cours par rapport à la crise au ministère des Finances. «Sur les 7 points de la plateforme de revendication des syndicats, nous avons atteints des accords sur 5 points, 1 est en cours de négociation avec l’Unité d’action syndicale et le dernier qui est celui du statut sécurisant a été reversé dans le cadre de cette grande conférence en accord avec les différents acteurs», a révélé le ministre Dandjinou. Justement sur la tenue de cette conférence, le porte-parole du gouvernement rassure qu’il ne s’agit aucunement de mettre les acteurs en concurrence ni en compétition. Parce que pour lui, le gouvernement entend faire aboutir le dialogue.

Mais pourquoi la rupture du dialogue ?

A cette question, Rosine Coulibaly affirme que le dialogue n’a jamais été rompu entre elle et ses partenaires sociaux. Toutefois, le ministre de l’Economie et des Finances fait appel à la responsabilité réciproque. «Il faut que chacun assume ses responsabilités et qu’il y ait de l’écoute, de l’équité, que nous tenions compte de la soutenabilité des engagements à prendre et aussi qu’il n’y ait pas de démagogie», interpelle le ministre.

Se préoccupant de l’amélioration des performances des structures chargées de mobiliser les ressources, Rosine Sori estime qu’il est plus qu’impérieux de reformer et mettre de la cohérence dans l’administration financière. Parmi ses réformes engagées, la transformation de la Direction générale du trésor en Direction générale du trésor et de la comptabilité publique. Ce sont ces réformes qui font des gorges chaudes selon le ministre de l’Economie et des Finances.

Mme Coulibaly appelle donc les travailleurs du Minefid à tenir compte de ce qu’elle a obligation de résultats à la fin de son mandat. De ce fait, elle dit avoir le droit d’emprunter le chemin qui lui permettra d’y parvenir. Faisant remarquer que 50% des recettes fiscales sont utilisés pour payer les salaires, Rosine Coulibaly rassure et interpelle: «Je vais rassurer que vous allez recevoir vos salaires pour ce mois de juin mais je ne vous garantis pas jusqu'à quand, parce que si les agents des recettes ne travaillent pas, ça sera compliquer.»

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