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Burkina: le Code pénal révisé adopté malgré l’opposition des médias et des organisations de droits humains   
Burkina: 110 508 candidats à la conquête du BAC premier diplôme universitaire
Turquie: les militaires «meneurs» du putsch raté condamnés à la prison à vie

POLITIQUE

En prélude à la conférence des forces vives sur la rémunération des agents publics qui s’ouvre ce mardi 12 juin 2018  à Ouagadougou, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba a échangé avec la presse ce lundi dans la mi-journée. Le chef du gouvernement a précisé que l’exécutif est de bonne foi dans sa démarche et que toutes les questions seront abordées au cours de la session de 72 heures y compris les émoluments des hautes personnalités.

Pour le Premier ministre, l’objectif recherché avec la tenue de cette conférence sur les conditions de rémunérations des agents publics de l’Etat « est d’aboutir à une refondation de notre contrat social avec les travailleurs du secteur public ». Et à l’en croire, cette refondation doit reposer sur des principes d’équité, de soutenabilité budgétaire et de solidarité nationale.  

« L’objectif est d’aboutir à une maitrise de la masse salariale en cohérence avec les objectifs d’investissement dans le cadre du Plan national du développement économique et social (PNDES). La trajectoire d’évolution de notre masse salariale par rapport à la richesse nationale et aux recettes fiscales est en train d’atteindre un niveau qui est insoutenable » a estimé Paul Kaba Thiéba. 

Pour lui, les travaux qui vont se dérouler avec l’ensemble des forces vives de la nation, du gouvernement et des syndicats permettront d’avoir des propositions concrètes ce qui va aider l’Etat à avoir une épargne budgétaire conséquente en vue de financer les secteurs structurants tels l’agriculture, la santé publique, l’éducation nationale, l’énergie et les infrastructures. 

Selon les chiffres avancés par le Premier ministre, la masse salariale de 2017 était est de plus 620 milliards de F CFA. Et il croit d’année en année avec les incidences budgétaires liées aux revendications sociales. Ce qui, estime t-il, nous éloigne des critères de convergence macroéconomique préconisés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Pour le chef du gouvernement, le ratio-masse salariale ressources propres ne doit pas dépasser 35%. « A cause de l’évolution récente de la masse salariale au Burkina Faso, ce ratio a frôlé dangereusement la ligne des 50%.  Ce qui veut dire que nous sommes arrivés dans la limite du supportable. Quand les partenaires techniques et financiers scrutent les finances publiques d’un pays, ils regardent ces paramètres pour voir si le pays ne vit pas au dessus de ses moyens. Si c’est le cas, ils vous demandent de réajuster afin de maitriser les dépenses de fonctionnement. Si vous avez des dépenses de fonctionnement qui sont trop importantes par rapport à vos recettes fiscales, cela va se sentir sur le déficit budgétaire. Le déficit budgétaire en 2017 était 7,7% alors que la norme UEMOA veut que le déficit n’excède pas 3% du PIB» a expliqué le locateur de la primature pour qui, il est devenu vital de revoir cette question de la masse salariale et des dépenses de fonctionnement.

Il a estimé que ce sont les solutions qui sortiront de ces travaux qui permettront de pérenniser le système de rémunération des agents et de faire en sorte qu’à diplôme égal, que le salaire puisse aussi être équivalent. 

Certains syndicats autonomes et la Confédération général du Travail du Burkina (CGT-B) ne participent à cette rencontre qui se déroulera du 12 au 14 juin 2018. Selon eux, le format proposé et le contenu des échanges ne les convainc pas car ils estiment que la question doit concernée la richesse nationale et de sa gestion.  Paul Kaba Thiéba déplore cette attitude et indique néanmoins que la porte du dialogue reste ouverte à ces acteurs qui ont refusé de participer. « La politique du gouvernement est fondée sur le dialogue social  et nous gardons toujours la porte toujours ouverte » a laissé entendre le chef du gouvernement. 

En conclusion, il a indiqué que les échanges se feront sans apriori et que même les salaires des hautes personnalités comme le président du Faso, le Premier ministre, les ministres et les présidents d’institutions seront également débattus. De son avis, il n’y a aucune richesse à partager et que la meilleure solution est de trouver des solutions consensuelles pour l’utilisation rationnelle des recettes dont le pays dispose.

« Il n’y a pas de manne cachée quelque part et qu’il faut prendre pour se partager. (…) En tant qu’économiste, je ne sais pas à quoi renvoie le terme richesse nationale.  (…) La richesse est à créer au Burkina Faso, il n’y a pas de richesse à partager pour l’instant (…) Il ne faut surtout pas faire croire au Burkinabè qu’il y a des richesses cachées quelque part qu’on doit partager… » a conclu le chef du gouvernement.

 

 

 

 

 

 

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