Aujourd'hui,
URGENT
Maouloud 2020: la journée du jeudi 29 octobre 2020 déclarée chômée et payée sau Burkina Faso.  
Justice: Jean Claude Bouda recouvre la liberté 5 mois après sa détention à la Maco. 
Burkina:  18 Burkinabè meurent dans un accident à l'entrée de Bouaké en Côte d'Ivoire (conseil des ministres).       
Mali: plus de 100 djihadistes libérés en vue d’un échange pour obtenir la libération de Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin (AFP).
Togo: la BOAD injecte 20 milliards FCFA dans le projet cimentier du magnat Burkinabè Inoussa Kanazoé.
Présidentielle/2020: la jeunesse de l’Union pour le progrès et le changement collecte 26 millions de FCFA pour la caution de Zéphirin Diabré.
Sécurité: le Soudan détruit 300.000 armes à feu illégales dans le cadre du projet national de collecte d'armes
Santé: le Bénin lance la construction d'un Centre hospitalier et universitaire de référence dans la sous-région ouest-africaine.  
Présidentielle/2020 : le dossier du candidat Roch Marc Christian Kaboré déposé par Simon Compaoré, président du MPP, parti au pouvoir. 
Burkina: Mahamadi Kouanda démissionne du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, ex parti au pouvoir).

POLITIQUE

Dans cette déclaration, l’opposition politique s’indigne de la manière dont Safiatou Lopez a été arrêté mercredi dernier. Elle estime que la gendarmerie pouvait se passer de l’important dispositif déployé surtout que l’intéressée est une personne qui ne vit pas dans la clandestinité. Outre cela, l’opposition exige que le pouvoir en place étale les preuves liées à cette arrestation.

Comme tous les Burkinabè, l’Opposition politique a été informée, que Mme Safiatou Lopez, militante de la société civile,  a été interpellée dans la soirée du mercredi 29 août  par la Gendarmerie nationale, après que celle-ci ait forcé la porte de son domicile. 

Jusqu’à présent, nos autorités n’ont pas expliqué à l’opinion nationale les mobiles de  cette arrestation.  Des informations parues dans la presse, notamment sur Radio Oméga, et des déclarations faites lors de leur conférence de presse du jeudi 30 août  par les membres du collectif créé pour assurer la défense de Safiatou Lopez, il ressort que les autorités l’accusent d’être à la tête d’un complot visant à déstabiliser le Gouvernement.

En attendant que nos autorités nous informent  de manière officielle sur le fond du dossier, l’Opposition politique s’étonne d’abord  que pour une enquête impliquant une personnalité comme Safiatou Lopez,  le pouvoir du MPP ait besoin de déployer une armada guerrière d’un tel calibre.  Mme Lopez a-t-elle refusé de répondre à une convocation de la gendarmerie ? A-t-on besoin de mobiliser tant de force, de barrer des routes, d’actionner des drones, de fermer les commerces  environnants et de dévier la circulation pour interpeller une  actrice  bien connue  de notre société civile qui  ne vit pas dans la clandestinité,  dont les activités sont publiques et qui ne s’est jamais cachée pour dire  ce qu’elle pense ? 

Ensuite, il est difficile de  comprendre qu’au moment où nous subissons des attaques répétées et lourdement meurtrières  des terroristes au nord et à l’est, conséquence entre autres du manque d’équipement de nos FDS, le pouvoir du MPP a l’idée géniale d’affecter tant de moyens de défense à  des opérations urbaines d’interpellation de leaders de la société civile. 

Enfin et surtout, cette  manière d’agir  qui consiste à arrêter les leaders d’opinions sur la base de suspicions venant d’on ne sait où, met clairement en danger nos libertés fondamentales. En effet, si  nos autorités peuvent quand elles le veulent,  faire encercler nuitamment les domiciles et  enlever des citoyens  acteurs du  débat démocratique, sous quelque prétexte que ce soit,  alors, nous ne sommes plus  dans Etat de  droit.

C’est pourquoi  l’Opposition réitère son exigence ferme, que nos autorités situent très rapidement l’opinion nationale sur le fond de ce dossier.  Le pouvoir du MPP doit dire clairement aux Burkinabè  ce qui est reproché à Mme Lopez, preuves à l’appui. Il est aussi important que les Burkinabè soient informés sur la régularité juridique de la procédure en cours, au regard des informations la mettant en doute.

Les Burkinabè commencent à s’habituer au mode opératoire de ce régime, qui a fait de la déstabilisation des institutions un alibi facile pour mettre en détention ceux qui le gênent..  L’arrestation de Safiatou Lopez s’inscrit dans une liste de détentions  arbitraires  d’acteurs de la société et dans laquelle figurent  celle de Pascal Zaida et Naim Touré pour ne citer que les plus récents. Elle survient aussi au moment où le même régime vient d’accorder une liberté provisoire au Colonel  Barry, embastillé depuis des mois sous la même accusation de déstabilisation, et dont l’opinion attend toujours d’être « édifiée» par les preuves de culpabilité que le ministre d’Etat Simon Compaoré a promis de manière théâtrale. 

Elle survient enfin dans un contexte général de remise en cause des libertés fondamentales, par un régime qui,  tout en tentant  de  salir la renommée des syndicats et de restreindre leurs libertés, s’en prend à toute voix qui ose le critiquer. 

 L’Opposition  politique s’associe aux organisations de notre société civile pour  exiger  la  libération immédiate de Safiatou Lopez dès l’expiration de délai légal de la garde à vue.

Elle met en garde le pouvoir du MPP contre toute tentative de musellement des acteurs du débat démocratique, notamment par l’instrumentalisation des fausses accusations de déstabilisation des institutions.

Elle appelle tous les démocrates  de notre pays à la vigilance, et au rassemblement pour la défense de nos libertés fondamentales qui sont clairement en danger sous le règne du MPP, car ce  qui arrive à un citoyen  aujourd’hui peut arriver à un autre demain.  Cette mobilisation est nécessaire et urgente, car visiblement, le pouvoir du MPP est en train de sombrer  dans une panique qui l’amène à voir des complots partout, ou à instrumentaliser les accusations de complot contre ceux qui le gênent.

Mis à mal par son incapacité  à résoudre  les problèmes du pays et  en butte aux critiques féroces venant de toutes parts, le pouvoir du MPP est devenu fébrile et croit que la répression des opposants va lui garantir des jours paisibles. Il oublie que,  comme l’a clamé feu le Président Thomas Sankara,  il y a toujours un malheur qui guette ceux qui bâillonnent leurs peuples.

Ouagadougou, le 31 août 2018

Le Chef de file  de l’Opposition, 

Zéphirin DIABRE

 

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