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Burkina: le flambeau du 11-décembre a été transmis à Tenkodogo, ville hôte de la célébration de l'indépendance en 2019
Centrafrique: arrestation en France de Patrice-Edouard Ngaïssona, ex-chef anti-balaka en RCA

POLITIQUE

Dans trois semaines, le Burkina commémorera le 4e anniversaire de l’insurrection populaire des 30, 31 octobre 2014. A quelques semaines de cette commémoration, une coalition de 14 Organisations de la société civile, sous la houlette du Mouvement burkinabè des droits humains et des peuples (MBDHP) est revenue sur la gouvernance actuelle du parti au pouvoir le MPP, et annonce une marche-meeting à cette occasion.

«Aboutissement d’un processus d’actions collectives, conduit des décennies durant, cette œuvre démocratique, patriotique et héroïque qu’est l’insurrection d’octobre 2014, marque une importante victoire d’étape dans la lutte de notre peuple pour son affranchissement des affres de régimes prédateurs et pour sa libération de toute domination politique, économique et sociale», fait remarquer d’entrée, Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP. Pour lui, les peuples font les insurrections et les révolutions non pas parce qu’ils les aiment mais parce que celles-ci s’avèrent nécessaires pour faire des bonds en avant. Et Gabin Korbéogo, président de l’Organisation démocratique de la jeunesse, de dire que ceux qui craignent une prochaine insurrection ont intérêt à revoir leur mode de gouvernance.

«Hélas, l’espoir d’un changement en faveur du peuple fondé en l’insurrection demeure à ce jour, obstrué par une gouvernance caractérisée par le tâtonnement, une navigation à vue et une incapacité notoire à trouver des solutions idoines aux préoccupations pressantes de notre peuple. En effet, au mal récurrent de l’impunité constamment dénoncé, viennent se greffer des velléités de remises en cause de libertés publiques ainsi que les réalités dramatiquement persistantes de la vie chère, de la corruption, d’une gestion inopportune et gabégique de nos deniers publics, du chômage endémique des jeunes etc.», ajoute M. Zougmoré. Pour lui donc, le peuple burkinabè doit poursuivre sa marche vers ce bond en avant, vu que le changement pour lequel il s’est battu n’a pas eu lieu.

A propos justement de corruption, le Dr Claude Wetta, secrétaire exécutif du Réseau national pour la lutte contre la corruption (Ren-Lac) est revenu sur un certains nombres de dossiers de corruption. Notamment le dossier de Toecin Yard. Selon M. Wetta, ceux qui ont été exclues dans ce dossier sont en général, des commerçants pendant que les inclues sont des conseillers municipaux, des policiers etc. Il cite aussi le dossier sur la passation de marché des intrants agricoles des paysans. «Celui à qui le marché des intrants a été attribué n’a en réalité jamais travaillé dans ce domaine au Burkina», révèle Claude Wetta.

Par conséquent, les conférenciers pour marquer ce 4è anniversaire de l’insurrection populaire de 2014, appellent à une mobilisation générale et à un resserrement dans leurs rangs autour du thème : «Face à la persistance de l’impunité, de l’insécurité et à la remise en cause des acquis de l’insurrection populaire, poursuivons la lutte pour un véritable changement en faveur du peuple.»

Elles invitent donc les populations du Kadiogo et environs, à participer massivement à une marche suivie d’un meeting le mercredi 31 octobre 2018 à partir de 9 heures à la place de la nation. Et ceci pour disent-ils, exiger justice pour tous les martyrs de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et de la résistance au putsch de septembre 2015 ; exiger des prises de mesures urgentes et efficaces pour préserver la vie des soldats au front et assurer l’effectivité du droit à la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; exiger la justice dans les opérations de lotissements «scandaleux» passées et réclamer des logements décents à la portée des couches populaires ; dire non aux privatisations «sauvages» auxquelles s’attèle le pouvoir, à la destruction des emplois et exiger des emplois décents et en nombre pour la jeunesse populaire insurgée ; combattre la criminalisation et la répression des luttes populaires des syndicats de travailleurs, des organisations paysannes et de jeunesses ; défendre et approfondir les acquis de l’insurrection populaire et le putsch manqué.

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