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POLITIQUE

Après le drame de Yirgou qui a fait officiellement 48 morts, l’Union pour le progrès et le changement (UPC) exhorte le président du Faso a décrété un deuil national pour rendre hommage aux victimes et à aller au-delà des mots pour prendre des mesures  fortes qui puissent rassurer les Burkinabè.

Le 1er janvier 2019, des individus armés ont fait irruption dans le village de Yirgou situé dans la province du Sanmatenga, et ont assassiné le chef et six autres personnes. 

S’en est suivie une vague de représailles contre la communauté peule à Yirgou et dans plusieurs autres villages environnants, lesquelles représailles ont fait 47 morts selon un bilan officiel provisoire. 

L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) condamne avec la dernière énergie l’attaque terroriste ignoble, ainsi que les violences qui mettent à mal l’unité nationale. Elle exprime sa compassion à l’endroit des familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. 

Ce qui s'est passé est inacceptable dans un Etat de droit. En république, quelle que soit la colère des citoyens, ils ne doivent pas se faire justice eux-mêmes.  

Le fait pour des groupes de s'en prendre à une communauté sur le simple critère de la race est par définition le début d'un génocide. Sur ce, l’UPC appelle à témoin l’opinion nationale et internationale, et exige une enquête indépendante sur ces crimes à grande échelle commis à Yirgou et environnants.

L’UPC demande particulièrement à la  justice burkinabè de faire toute la lumière sur ces attaques en vue d’en tirer les conséquences de droit qui s’imposent. 

Déjà, des témoignages convergents font état de ce que des Kogl-Wéogo de la zone de crise auraient participé aux tueries. Depuis leur avènement, les Kogl-Wéogo contribuent efficacement à la lutte contre l’insécurité, et notre parti les encourage dans cette voie, dans le cadre d’une collaboration étroite avec les Forces de défense et de sécurité. Mais si l’enquête démontre que des Kogl-Wéogo ont effectivement participé au massacre de Yirgou, alors, ceux-ci devront être traduits en justice.

Le Président du Faso, qui est parti tardivement sur les lieux sous la pression de l’opinion, a adopté une position électoraliste. Les Burkinabè s’attendaient à ce qu’il tape du poing sur la table, réaffirme l’autorité de l’Etat, rassure la population attaquée de la protection de l’Etat, et réclame justice pour les victimes. Au lieu de cela, il s’est contenté d’un vague appel à l’unité nationale. 

Cette attaque contre des communautés  survient dans un contexte national où certains responsables politiques se livrent à une campagne ethniciste sournoise auprès des populations. La vérité qu’il faut dire, c’est que la fibre ethnique est instrumentalisée dans notre pays  par des leaders d’opinion qui ont pignon sur rue. Sur cette question, il va falloir, à un moment donné, crever l’abcès dans le cadre d’un débat national franc et ouvert. 

Au regard de la gravité de la situation, l’UPC exhorte le Président du Faso à décréter un deuil national en hommage à l’ensemble des victimes et comme symbole fort contre l’intolérance et la stigmatisation. Elle invite également le Chef de l’Etat à aller au-delà des mots pour prendre des mesures  fortes qui puissent rassurer les Burkinabè.

Par ailleurs, l’UPC invite les députés, qui se réunissent en session spéciale ce mardi 08 janvier 2019, à réfléchir à la question de l'extrémisme et de l'ethnicisme dans notre pays. 

Notre parti  lance un vibrant appel à la concorde nationale, à la paix, à l’unité nationale et à la sauvegarde de notre vivre-ensemble pour faire du Burkina Faso une nation forte, capable de relever les défis qui l’assaillent.  

 

Ouagadougou, le 07 janvier 2019

Pour le Bureau politique national de l’UPC, 

Le Secrétaire général national, 

Rabi YAMEOGO

 

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