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POLITIQUE

Le Burkina Faso, après trois jours d’attente, a un nouveau Premier ministre : Christophe Joseph Marie Dabiré. Il devra conduire la  barque burkinabè à bon port surtout que le pays est confronté à plusieurs défis. Dans cet entretien, le journaliste et formateur, Boureima Salouka donne sa lecture sur les raisons d’un tel choix et les défis que devra surmonter le nouveau chef du gouvernement.

Fasozine : Qu’est ce qui peut expliquer le choix du président du Faso de confier la primature à un cadre de l’UEMOA?

Boureima Salouka : Si nous nous en tenons à l’horizon de ce nouveau Premier ministre qui vient de l’Uemoa et Paul Kaba Thiéba qui venait de la BCEAO, nous pouvons dire que le président veut s’en tenir à des équilibres communautaires. Que ce soit la BCEAO ou l’UEMOA, les deux institutions appartiennent à l’espace économique et monétaire Ouest-africain. Déjà sur le plan économique, le président est soucieux. Il avait besoin d’envoyer le message aux autres pays mais je ne pense pas que ce choix soit directement destiné vers notre espace communautaire. 

Ce nouveau premier ministre a eu par le passé à être  ministre de la santé et de l’éducation à la fin des années 1990 et début 2 000 sous Blaise Compaoré. Il a donc une certaine expérience de l’Etat. Aussi, le fait d’avoir exercé au moins une dizaine d’années à l’UEMOA lui a permis d’observer le Burkina Faso un peu à l’écart, comparativement aux autres pays. Peut être que cela lui donne le recul nécessaire pour pouvoir apporter sa contribution en ce moment où le pays est dans une situation assez très difficile.

Quels seront les premiers  grands  chantiers du nouveau Premier ministre ?

Vu que le président n’a pas fait le choix d’un politicien pur qui pourrait être axé vers l’agenda de 2020 pour une élection, je me dis qu’il va travailler beaucoup à remettre l’Etat sur place notamment sur les questions économiques mais aussi sur les enjeux sécuritaires, qui pour moi est la priorité des priorités pour le Burkina Faso. On ne le dit pas ou bien nous faisons semblant de ne pas le dire.  Aller aux élections alors qu’une grande partie du territoire n’est plus sous notre contrôle et où il sera difficile de faire voter des compatriotes. Aller aux élections serait entériner cette nouvelle carte du Burkina et apporter un très mauvais message à nos compatriotes qui vivent difficilement dans ces zones où sévissent des groupes criminels et terroristes.

Pourra t-il s’émanciper du parti au pouvoir ?

Tout dépendra de sa personnalité. Si il a une forte personnalité, il pourra s’affranchir des injonctions du parti au pouvoir.  Je pense qu’il est temps pour nous de mettre un peu au placard nos ambitions  partisanes pour voir un peu plus haut. Cela ne sera pas facile mais je me dis qu’avec le recul nécessaire qu’il  a et sa personnalité, il pourra arriver à s’émanciper de ces faucons qui ont les yeux rivés sur 2020.

Quel pourrait être le nouveau visage du gouvernement qu’il va former ?  

Je ne sais pas quelles sont les priorités que le président va lui assigner mais déjà on sait que certains ministres vont partir mais je ne m’attends pas à ce qu’il y ait un renouvellement total, un tabula rasa. Il y a des dossiers très urgents  et il faut un peu de continuité et de la mémoire dans ce gouvernement surtout quand on a un pays qui a une situation sécuritaire, économique est sociale très compliquée. Il faudra essayer de faire avec quelques anciens mais bien sûr apporter du sang neuf. 

Le nouveau Premier ministre devra t-il contribuer pourra t-il permettre au président du Faso d’être réélu en 2020 ?

Je pense que les tâches vont être bien partagées. Le parti travaillera pour 2020 et le Premier ministre va travailler pour remettre le Burkina Faso à flot.

 

 

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