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SOCIETE

Les policiers radiés des rangs de 2012 ont « pris d’assaut » ce lundi matin le ministère de la Sécurité afin d’exprimer leur mécontentement. A travers un sit-in, ils veulent attirer l’attention des autorités et de l’opinion publique par rapport à leur réintégration au ministère de la Sécurité.


Le chargé à la mobilisation des 136 policiers radiés que nous avons rencontré sur place, Oumar Junior Bahoro, dit ne pas venu pour rencontrer le ministre parce qu’il s’est dit incompétent pour traiter le problème. «Etant incompétent, nous lui avons demandé de nous introduire auprès du président du Faso que nous avons demandé à rencontrer il y a de cela trois mois. Mais nous avons compris qu’il y a une mauvaise volonté quelque part. C’est ça qui nous a motivé à venir car, on ne peut pas condamner les victimes et encourager les auteurs. Là, si le problème ne peut pas se résoudre, nous prendrons les dispositions», a-t-il expliqué.

Pour lui, il y a un groupe d’individus «mal intentionné qui est derrière cette affaire, notamment un groupe de commissaires, les vieillards qui sont à la porte de la retraite». Il accuse le ministre de la Sécurité d’être leur complice. «Ce sont ces gens qui sont en train d’empêcher le dossier d’évoluer, mais le plus regrettable est le ministre (Simon Compaoré, Ndlr) est complice de ce système. Il s’associe à ces gens pour faire trainer le dossier, donc il sera aussi tenu pour responsable de ce qui adviendra», a regretté M. Bahoro en précisant qu’actuellement, il y a beaucoup de problèmes à la police que le ministre Simon Compaoré n’arrive pas à résoudre parce qu’il est «derrière un groupe de gens qui ne pensent qu’à leurs intérêts au détriment de ceux de la troupe. C’est regrettable pour un service de police».

Pour ces révoqués, ils n’arrivent pas à comprendre que les mêmes problèmes qui ont motivé la sortie des policiers en 2011 se répètent aujourd’hui. Ils ont pris pour exemple le cas récent des éléments de la CRS. «Nous ne pouvons pas comprendre qu’on chasse des gens depuis 2011 et qu’en 2017 des gens se lèvent, au risque d’être radiés, pour revendiquer les mêmes choses. Cela veut dire qu’en réalité, la plaie est toujours là, rien n’a été fait pour pallier à cette situation. Aujourd’hui, l’histoire nous a donné raison. On doit laisser au nom de la discipline, laisser les gens voler, piller? Au contraire, c’est la discipline qui doit empêcher ce genre de comportement». Ces policiers radiés interpellent le président du Faso car, disent-ils «nous avons trop souffert dans cette injustice».

Suite aux mutineries de 2011 au Burkina Faso, 136 policiers avaient été radiés de la police nationale le 7 mars 2012 pour « faits d’insubordination, de comportement attentatoire à l’honneur et à l’éthique du corps ». Ces policiers donnent régulièrement de la voix pour réclamer leur réintégration.

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