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SOCIETE

En marge de la présentation des vœux des femmes du Burkina à la Première dame, Sika Bella Kaboré, le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, organise un panel ce vendredi 19 janvier 2018 à Ouagadougou. Placé sous le thème : «Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso : un défi commun pour la protection des droits des filles et la promotion socioéconomique des femmes», ce panel vise à contribuer à la réduction du phénomène du mariage d’enfants au pays des Hommes intègres.


Selon l’enquête démographique et de santé (EDS) de 2010, au Burkina Faso, l’entrée en union est très précoce et la tendance est à une baisse de l’âge d’entrée en union. Le mariage d’enfants est donc une réalité aux yeux de Laure Zongo/Hien, ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille. Selon le ministre, bien que cette réalité touche aussi bien les hommes et les femmes, elle a surtout un visage féminin. En effet, selon le rapport de l’étude pays SIGI publié en 2018, plus de 44% des femmes mariées l’ont été avant d’avoir 18 ans contre seulement 3% des hommes. Par ailleurs, le mariage d’enfants est une violation des droits fondamentaux des adolescentes qui traduit les inégalités de genre profondément enracinées dans les systèmes sociaux et économiques des communautés où cette pratique persiste.

Les causes de ce fléau selon le ministre de la Femme, sont la persistance des normes et valeurs sociales contraires aux droits de la fille (rap, échange de filles entre deux familles et don de fille), la pauvreté des ménages et l’existence d’un vide juridique pour ce qui concerne le mariage coutumier et religieux. A ces causes, on peut ajouter l’insuffisance d’informations, la faiblesse de l’offre des services d’action sociale, de santé, d’éducation formelle, non formelle et professionnelle. Il faut aussi ajouter que l’actuel code de la famille du Burkina stipule que la jeune fille de 17 ans peut se marier. Chose qui n’est pas normale selon Laure Zongo.

Le mariage d’enfants a bien des conséquences néfastes telles que l’accentuation des violences conjugales, les grossesses précoces, les accouchements difficiles se terminant souvent par des fistules obstétricales, les accouchements prématurés et les avortements, les naissances multiples et rapprochées, le retard de croissance staturo-pondérale de la femme, la morbidité et la mortalité maternelles et néonatales élevées et la déscolarisation. A ces conséquences pourraient s’ajouter le sentiment de rejet et d’exclusion sociale des victimes.

Ainsi donc, les conséquences de la pratique du mariage d’enfants sont multiples et posent fondamentalement un problème de sécurité humaine chez la petite fille, parce qu’il compromet sa santé et son éducation ainsi que les possibilités de réalisation de son potentiel. «Face à la persistance de cette pratique aux multiples conséquences, notre pays s’est vu obligé d’engager des actions fortes parmi lesquelles, l’adoption en novembre 2015, d’une stratégie nationale de prévention et d’élimination des mariages d’enfants 2016-2025 assortie d’un plan d’actions opérationnel 2016-2018 et la vision de faire du Burkina à l’horizon 2025, un pays où le mariage d’enfants sous toutes ses formes est éliminé. Il apparait désormais clairement que le combat contre le mariage d’enfants commande que des actions fortes soient entreprises à tous les niveaux dans le but d’insuffler le changement dans nos communautés», fait remarquer Laure Zongo/Hien.

Venues des 45 provinces du pays, les participantes vont se pencher sur l’ampleur, les causes et les conséquences du mariage d’enfants au Burkina et les actions à mener, les défis et perspectives de la promotion de l’abandon de ce fléau au Burkina.

Qualifiée de «Championne» de cette lutte, Sika Kaboré attend de cette rencontre, que les femmes soient outillées afin d’être des «championnes locales» de la lutte contre le mariage d’enfants. «Nous allons œuvrer à élargir le champ d’action du mécanisme de la lutte contre l’excision qui existe déjà afin de prendre en compte toutes ces questions qui touches les enfants. Nous espérons donc pouvoir  arriver avec l’accompagnement de tous», a promis la Première dame. 

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Le maire de Ouagadougou a signé un arrêté réglementant la circulation et le stationnement des véhicules poids lourds. La circulation de ces véhicules n’est désormais autorisée qu’entre 22 heures et 5 heures du matin sur un certain nombre d’axes routiers.

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