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Justice: la procureure de la CPI fait appel de l'acquittement de Gbagbo et Blé Goudé
Burkina: l’UPC «vivement préoccupée par la dégradation continue de la situation sécuritaire»
Burkina: la marche non autorisée des syndicats et de la société civile dispersée par la police, une dizaine de blessés

SOCIETE

L’affaire fait grand bruit en ce moment à Ouagadougou. En effet, Eugène Sawadogo, élève en classe de 3è dit avoir été violé par un expatrié actuellement hors du territoire burkinabè. Dans cette rocambolesque affaire, tous les ingrédients sont réunis : «viol», «pédophilie», «escroquerie», «proxénétisme» etc. Après Eugène Sawadogo dont le cas a été révélé grâce à une interview de nos confrères de Ouaga Fm,  Cheick Koné, une autre victime, élève lui aussi en classe de 3è, dit faire également objet de menaces. Les deux présumés interpellent les autorités judiciaires pour que justice soit rendue.


L’affaire a été révélée grâce à une interview de la radio Ouaga Fm et publiée sur les réseaux sociaux en fin de semaine dernière. Au départ, c’est le cas de Eugène Sawadogo qui a été porté à la connaissance du public. Mais ce lundi 24 avril 2018 après-midi, une rencontre avec les hommes des médias a permis de découvrir une autre victime.

Selon Cheick Koné, les faits remontent en 2016. «Je travaillais chez un blanc dans le quartier Goughin. Un jour, nous avons échangé et il a pris mon contact et m’appelle souvent. C’est alors qu’il m’a invité une fois chez lui à domicile. Il a ensuite commencé à me caresser. J’ai alors voulu m’y opposer et il a menacé de me livrer à ses chiens si je refuse sa proposition d’avoir des rapports sexuels avec moi. C’est ainsi qu’il m’a violé et m’a remis la somme de cinquante mille francs CFA», explique le jeune Koné.

Cheick Koné poursuit en disant qu’il a été interpellé deux mois plus tard à la gendarmerie de Kosyam. «Le gendarme qui m’a reçu m’a intimé l’ordre de nier tous les faits si je ne veux pas avoir de problème. Il a même dit que l’acte n’est pas interdit au Burkina."  Cheick Koné porte alors plainte contre le présumé. Cette plainte restera sans suite jusqu’à ce qu’Eugène Sawadogo fasse éclater le pot au rose.

Quant à Eugène Sawadogo qui lui également aurait été violé dans les mêmes circonstances en décembre 2017, il explique avoir été interpellé par Benjamin Yaméogo, en service à la gendarmerie de Boulmiougou. «Il m’a dit de ne pas porter plainte et qu’il est prêt à me trouver de l’argent si je veux. Il a même dit que l’acte n’est pas interdit au Burkina et qu’il a même l’habitude de trouver des jeunes à l’expatrié en question avec lesquels ce dernier a des relations sexuelles. Il m’a menacé de retirer ma plainte au risque de me faire enfermer», explique Eugène Sawadogo les larmes aux yeux. Il avoue d’ailleurs être traumatisé actuellement. «Je n’arrive même plus à me concentrer à l’école».

Selon les explications des deux présumés victimes, plusieurs personnes sont actuellement écrouées à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou dans le cadre de cette affaire. «Les cinq qui sont à la Maco connaissent bien l’affaire et les gendarmes même le savent. Puisque Benjamin Yaméogo et d’autres inculpés sont des amis. Puisque chaque fois qu’il y a une plainte contre notre bourreau, c’est M. Yaméogo qui s’occupe du dossier contre de l’argent qu’il extorque à l’expatrié», révèle Eugène Sawadogo.

Pour l’heure, l’enquête suit son cours et l’affaire est entre les mains du procureur du Faso, Maïza Sérémé.

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