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SOCIETE

Ceci est le communiqué final sanctionnant l’assemblée générale des magistrats tenue le 5 janvier dernier à Ouagadougou. Les magistrats tout en échangeant sur plusieurs points liés à l’exercice de leur profession, n’ont pas manqué d’inviter le gouvernement « à trouver une solution avec la garde de sécurité pénitentiaire quant à la crise qui les oppose depuis le mois d'octobre avec ses conséquences dramatiques ».

Le 05 janvier 2019, s'est tenue, à partir de 10h, dans la salle d'audience du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou, une assemblée générale de tous les magistrats, syndiqués ou non, à l'initiative des syndicats de magistrats du Burkina Faso, afin d'échanger sur des menaces répétées contre l'indépendance du pouvoir judiciaire ou de ses acquis ainsi que sur les éventuelles réponses à apporter. Après avoir observé une minute de silence à la mémoire de tous leurs collègues décédés et des victimes des attaques terroristes, les participants, venus très nombreux de toutes les contrées, ont pu aborder l'ordre du jour proprement dit. 

Les échanges ont effectivement permis de mettre en relief un ensemble d'actes ou d'initiatives du pouvoir politique ou de certains de ses acteurs qui, isolement pris ou mis ensemble, ne peuvent être reçus que comme constituant une stratégie volontaire de remise en cause de l'indépendance du pouvoir judiciaire ou de ses acquis. Plus particulièrement, il est apparu ahurissant pour les participants que les actes du Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale, en la personne du Professeur Séni OUEDRAOGO, ne puissent être vus que comme ayant une double finalité: d'une part, signer la mise à mort du Pacte national pour le renouveau de la justice résultant des états généraux de la justice auxquels il a pourtant lui-même participé, d'autre part, créer des difficultés de collaboration entre les magistrats et d'autres corps. L'assemblée générale, après avoir fortement regretté ces menaces dans un contexte qui devrait commander beaucoup plus la complémentarité que des guéguerres entre pouvoirs constitutionnels, les a condamnés avec la plus grande fermeté. Elle a instruit les responsables syndicaux d'entreprendre un ultime effort d'explication, notamment, envers le garant constitutionnel de l'indépendance du pouvoir judiciaire et, au cas où les menaces persisteraient en dépit de cet effort d'explication, d'envisager toute action efficace mais compatible avec le contexte national pour y mettre définitivement fin. 

En sus de ces aspects concernant l'ordre du jour proprement dit, les échanges à l'assemblée générale ont insisté, entre autres, sur la nécessité du renforcement du réflexe d'auto-saisine de la justice en cas d'allégation de commission de faits infractionnels, sur l'urgence pour le gouvernement à trouver une solution avec la garde de sécurité pénitentiaire quant à la crise qui les oppose depuis le mois d'octobre avec ses conséquences dramatiques, et enfin, sur la nécessité, non  seulement, de mettre chaque entité intervenant dans la lutte contre le terrorisme en situation d'assumer convenablement son rôle, mais aussi, pourvoir à une meilleure coordination et concertation entre lesdites entités.

Ouagadougou, le 8 janvier 2019

Pour le Présidium                                                                                Pour les rapporteurs

Christophe Compaoré Sibiri                                                                   Jean Claude Ramdé

 

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