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SOCIETE

En plus de la grève du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (Syntsha), 4 autres Syndicats tels celui des médecins du Burkina (Symeb) et des infirmiers ont mis en exécution leur mot d’ordre de grève ce mercredi 22 mai 2019. Depuis ce matin, ils observent également un arrêt de travail allant du 22 au 25 mai 2019. Pour ce premier jour de grève, l’ensemble des formations sanitaires visitées par l’équipe de Fasozine sont pratiquement vides mais toutefois, le service minimum est assuré dans quelques services.

Dame Awa Sawadogo est venue au Centre hospitalier universitaire de Bogodogo afin d’avoir un rendez-vous pour sa césarienne. Malheureusement, elle n’aura ce rendez-vous parce que son médecin traitant lui aurait simplement manifesté son indisponibilité. «Je suis là depuis matin et le Dr ne veut même pas m’écouter alors que je dois faire une césarienne les jours qui viennent. De toutes façons j’attends et j’espère qu’ils feront quelque chose», a-t-elle confié. Tout comme Awa Sawadogo, nous avons pu observer quelques patients visiblement désemparés dans ce CHU presque vide dans la matinée de ce mercredi.

Il est 9 heures lorsque nous arrivions ce matin du 22 mai au CHU Yalgado Ouédraogo. Tout comme au CHU de Bogodogo, l’enceinte de l’hôpital qui regorgeait du monde d’habitude, s’est presque vidée de son monde. Nous nous dirigeons vers le service des urgences médicales. A l’intérieur, l’heure est au nettoyage des salles. Constat, des malades couchés à même le sol, d’autres sur les lits et un sur un fauteuil roulant. Nous nous approchons des hommes en blouse blanches, mais aucun ne daigne nous adresser la parole disant être occupés. Nous nous approchons des accompagnants des malades pour recueillir quelques propos. Ousmane Compaoré a accompagné sa mère aux urgences. « Concernant la grève, hier on ne nous a pas prodigués de soins durant toute la journée. On nous regardait. Les malades venaient on les enregistrait et les laissaient. Ce sont les accompagnants qui étaient obligés de s’occuper des malades. Sinon, ils n’ont soigné personnes hier. C’est ce matin qu’ils ont commencé à soigner les malades», nous confie-t’il. Dabiré Théophile lui, est venu accompagner ses parents évacués de Léo la veille au matin pour les urgences médicales de Yalgado. Pour lui, plus de peur que de mal : « Quand les parents sont arrivés  nous avions  peur  à cause du mot d’ordre de grève qui avait été lancé par le syndicat de la santé. Du coup, on ne croyait pas qu’on allait avoir les soins nécessaires. Mais Dieu merci quand nous sommes arrivés, nous avons constaté que le service minimum est assuré. Ils ont eu les soins qu’il fallait ce matin ».

De là, nous prenons la direction des urgences traumatologiques. Nous apercevons un peu partout sous des caïlcédrats, des accompagnants des malades couchés en groupes et devisant. Arrivés au service traumatologique, le constat est amer. Il n’y a aucun médecin. Il n’y a que des stagiaires et un infirmier que nous apercevons entre temps. Ces derniers aident du mieux qu’ils peuvent les malades. Nous tombons sur Sawadogo Adama qui dit avoir emmené de un enfant qui est tombé d’un arbre. Venu de Yako, il dit être là depuis avant-hier. Il dit n’avoir  pu faire que la radio, et depuis là, plus rien. Sawadogo Adama lance un appel au gouvernement. Il demande aux autorités de « s’entendre avec le syndicat pour résoudre le problème. Certaines personnes quittent des endroits éloignés pour venir se soigner. La situation est critique ».

Aux Centres de santé pour la promotion sociale de Boulmiougou et de celui du secteur 18 de Ouagadougou, le constat est le même. Pas de personnel en activité, encore moins de malades. C’est le calme plat.



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