Aujourd'hui,

PARLONS-EN

Le refus des résultats ou les préjugés de certains fanatiques sur les décisions des arbitres lors des matchs de football entraînent souvent la violence dans les stades, surtout lors des rencontres des grands clubs de football. Le samedi dernier, les incidents survenus à la fin de du match entre le Rail club du Kadiogo (RCK) et le club algérien de l’USM est la suite «logique» de la montée de ces violences dans nos stades.


On se rappelle des solutions proposées par l’ex-sélectionneur des Etalons Idrissa Malo Traoré dit Saboteur dans une analyse dans le quotidien Le Pays en 2012. Pour l’instructeur de la FIFA, les causes de ces violences sont multiples: le fanatisme, le nationalisme, le chauvinisme, la méconnaissance des lois du jeu, le manque de préparation psychologique des supporters à accepter la défaite, le manque d’expérience de certains dirigeants du football, sont entre autres les causes énumérées par Saboteur. Le Fasofoot, notre championnat national est également confronté à des actes de violences venant du public sportif. Ainsi, des arbitres et même des journalistes ont été pris à parti par des supporters. Le cas du journaliste de la télévision nationale Lacina Sawadogo qui a échappé de peu à la furie d’un groupe de fanatiques de l’ASFA Yennenga au stade du 4 août en est une parfaite illustration. On se souvient également de l’indignation des Algériens après la mort de l’attaquant camerounais Albert Ebossé, tué par un projectile lancé des tribunes à la fin du match opposant la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), l’équipe d’Ebossé, à l’USM Alger en 2015. Une situation qui avait poussé l’ancien président de la CAF, Issa Hayatou a envisagé des mesures exemplaires.

Face à ces différentes formes de hooliganisme, l’ex-entraineur des Etalons propose entre autres, que les dirigeants des clubs, des ligues et des fédérations jouent un rôle de formation et d’éduction en direction des supporters, encadreurs techniques, des administratifs, médicaux et joueurs. Il estime aussi que la CAF doit sévir partout où les conditions de sécurité ne seront pas réunies (infrastructures, forces de sécurité défaillantes, négligence des instances fédérales dans l’organisation, etc.)

Parlant justement de sanction, les mesures disciplinaires pouvant être prononcées par la CAF selon l’article 52 de son statut et règlement intérieur contre le RCK sont entre autres: l’obligation de jouer certains matchs à huis clos, ce qui représente un manque à gagner évident pour le club, qui ne pourra engranger aucune recette sur ce match. Egalement, l’obligation de jouer sur un terrain neutre, l’interdiction de jouer dans un stade déterminé et aussi de se voir infliger une amende pour ce cas précis (comportements violents, utilisation de fumigène et jets de projectiles). A titre d'exemple, pour le dernier match OM-PSG (17 février 2008), l'OM a écopé d'une amende 25.000 € et le PSG de 4.500 €, pour jets de fumigène. Mais au-delà du RCK, le Burkina risque de voir la suspension du stade du 4 août pour certaines rencontres internationales.

En tout état de cause, Sita Sangaré, le président de la Fédération burkinabè de football dit être prêt à se «battre» pour que le Burkina ne tombe pas sous le coup d’une sanction de la part de l’instance dirigeante du football africain. Dans une interview accordée à nos confrères de Wat fm le lundi 20 mars dernier, Sita Sangaré a dit condamner les actes de violences sur le stade du 4 août, lors de ce match entre le RCK et l’USM Alger. «Je pense que les individus qui se sont livrés à de pareils actes n’ont rien à voir avec le milieu du football parce que le football, avant tout, est destiné à tisser un lien entre les peuples», a-t-il martelé. Qualifiant ces actes de «spectacles qui déshonorent complètement le football», le président de la FBF a laissé entendre que «des mesures très énergiques seront prises».