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PORTRAIT

Sylvain Vuuru-Sôg Dabiré, «Vurus» comme il était surnomé, est décédé le mardi 11 2018 dans un accident de la circulation, aux environs de Boromo. D’après nos confrères de Lefaso.net, il revenait de Houndé où il avait assisté à la décoration de son frère quand le véhicule dans lequel il avait pris place a évité un cycliste pour aller frontalement contre un autre véhicule. Employé du Groupe Edifice, il était très connu des promoteurs de grandes manifestations sportives ou culturelles.  Nous adressons nos condoléances à sa famille. 

Voici le portrait que lui consacrait Fasozine en 2016.

«Vurus, à ne confondre en aucun cas avec virus, est un personnage assez atypique, présent à l’occasion de la plupart des cérémonies officielles organisées dans la capitale burkinabè, Ouagadougou. Le travail bien fait a toujours été son leitmotiv. «Mon devoir est de m’assurer que les choses se passent bien et que chacune des personnes présentes se trouve à la place qui lui est due», affirme Kpièlè Vuuru-Sôg Sylvain Dabiré. 

Originaire de Diébougou, chef-lieu de la province de la Bougouriba, ce fils de Bapla, un village de ladite localité, a vu le jour un 24 mai de l’année 1970, a Adjamé (Abidjan) en République de Côte d’Ivoire. Le jeune Kpièlè Vuuru-Sôg Sylvain Dabiré retrouve sa patrie, à l’époque où  le pays s’appelait toujours Haute-Volta. «Mon vieux (son père, NDLR) a pris la décision de me faire rentrer au pays, parce qu’il ne comptait pas rester encore longtemps du côté de la Côte d’Ivoire», souligne Sylvain Dabiré. 

Sous la révolution, en classe de CM2, il intègre les Comités de défense de la révolution (CDR).  «C’est grâce à mon maître du CM2, qui lui-même était un révolutionnaire que je suis devenu CDR. Celui-ci avait vu en moi quelqu’un de très bien pour pouvoir lutter, oser et savoir vaincre», se souvient-il. 

Mais frappé par la limite d’âge, le jeune CDR n’a pu être sélectionné pour prendre part à une formation à Cuba. Il quitte alors sa province d’origine pour Bobo-Dioulasso, où il continua à servir la nation toujours en tant que jeune CDR. C’est de là qu’est née son envie de toujours bien travailler. 

N’ayant pas pu intégrer l’armée, comme il l’aurait souhaité, Sylvain sera néanmoins recruté comme enseignant, au titre du Service national populaire (SNP),  malgré le fait qu’il n’avait pas la qualification requise en la matière. Mais pour lui, s’il s’est vu confier une telle tâche, cela est dû  à deux choses: «mon intelligence et mon état d’esprit». Après une année de service, Sylvain Dabiré dit Vurus se retrouve à Ouagadougou. N’ayant aucun soutien, il s’inscrit à nouveau au Service national  de développement (SND) qui a remplacé le SNP. 

Par la force des choses, il lâchera la craie et se retrouvera employé, en 1992, dans une compagnie d’assurance, en qualité d’agent commercial. «Je m’essayais un peu à tout, pour ne pas rester là, à ne rien faire», avoue M. Dabiré. Ce qui lui a valu un retour en Côte d’Ivoire, où il a travaillé en tant que chef d’équipe dans des bananeraies. 

Il fit alors la rencontre de Joachim Baky, un monsieur pour qui il affirme avoir beaucoup d’estime. De sa rencontre avec ce dernier, naitra une collaboration qui lui ouvrira beaucoup de portes, dont celles de l’agence de communication Edifice dont le patron n’est autre que M. Baky. 

Comme distraction, il assistait à des spectacles. «Mais une fois sur place, quand je me rends compte qu’il y a quelque chose qui clochait dans l’organisation, je me portais volontaire pour rectifier le tir», se rappelle Vurus.  C’est ainsi que des amis à lui, agents de la télévision nationale, faisait appel à ses services. D’autres promoteurs de spectacles et organisateurs de cérémonies diverses, au regard de son engagement et de la passion qui l’anime lui feront également appel. Ces différentes prestations, Vurus les assure en pur volontaire. «Quand je me mets à la tâche, je ne plaisante pas. Je suis au four et au moulin, ce qui fait que très souvent on me voit plus organisateur que protocole», laisse-t-il entendre fièrement. 

Toujours disponible et serviable, l’enfant de Bapla reconnaît cependant qu’il n’est pas indispensable dans cette fonction qu’il assume avec amour et dextérité.   Marié et père de quatre enfants dont trois filles et un garçon, l’homme dit être heureux  d’exercer ce rôle qui enrichit son carnet d’adresses. Bon viveur,  il affirme que «la vie est très courte et qu’il faut donc en profiter au maximum». Quand il n’est pas au travail,  Kpièlè Vuuru-Sôg Sylvain Dabiré «qui prend toujours la vie du bon côté», passe du bon temps avec ses amis, «à faire le show». 

S’il sait arracher le sourire à ses proches en racontant de bonnes blagues, il sait aussi prendre ses distances vis-à-vis des personnes qu’il considère comme des «mauvaises graines». Il se fait remarquer également par son activisme dans la vie associative. A ce titre, il milite au sein de l’association Le Tocsin, où il occupe actuellement le poste de secrétaire à l’animation, au sport, chargé des relations avec les médias. 

Kpièlè Vuuru-Sôg Sylvain Dabiré, qui déplore le fait qu’il ne soit pas assez riche pour venir en aide à son prochain, espère toutefois, que «ceux à qui Dieu a fait cette grâce pourront tout de même aider ceux qui sont dans le besoin». 

 

 

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